Banques russes June 16th, 2011

Grand ménage dans la banque russe / La Russie nationalise les banques.

Le ménage commence en Russie dans les banques. A la cosaque, il faut se débarrasser des banques véreuses qui ne cherchent que la spéculation et la rente.

ELLE NATIONALISE pour mieux choisir des vrais banquiers qui investissent dans le réel, le productif.

Poutine avait pourtant prévenu à l’Occident  que Medvedev était pire que lui. Les occidentaux voyaient un Medvedev mou facile à mener par le bout du nez… Pauvre Mickey !

Pendant ce temps là, notre Sarkosy gonfle le torse et joue le “Grand Guerrier Playstation”.

Vilistia.

 

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Rencontre au Ritz Carlton de Moscou, jeudi dernier,  avec Pavel Kossov, en charge des investissements immobiliers de VTB, la seconde banque du pays que préside Alexeï Koudrine, par ailleurs ministre des finances. Kossov a mis sous tutelle le premier promoteur moscovite, Donstroy,  étranglé par la crise et le changement de municipalité : « nous négocions une  participation de 20%, mais nous sommes déjà aux manettes ».

La veille, la visite d’une tour inachevée de 213 mètres en travaux depuis 2004  nous donne idée du marché:  plus de 500 logements, dont un penthouse de 2500 m2, ont été vendus et revendus sans même qu’il existe un appartement témoin. Au milieu des gravats, juchée sur des talons aiguilles interminables et sanglée dans une gabardine rouge vif, la commerciale de Donstroy nous annonce qu’elle a six lots à saisir…  à 12 000 dollars le m2.

La nationalisation de fait de Donstroy témoigne de la façon dont le gouvernement russe a décidé de donner à sa façon un nouveau souffle au secteur bancaire et immobilier via son bras armé VTB, que conseille le cabinet en stratégie McKinsey .

Outre Donstroy, l’établissement présidé par Alexeï Koudrine a repris la cinquième banque du pays, Bank Moskvy, dont le patron Andrei Borodin, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour corruption dans une affaire mélant l’épouse de l’ex-maire de Moscou,  s’est réfugié à Londres.

Un coup de balai a par ailleurs été donné chez les petits concurrents, dont plus de 300 n’ont pas passé la barre des stress tests mis en place par la Banque centrale. Ménage enfin chez les étrangers :

HSBC a fermé en avril son activité « retail » dans le pays, qu’on déjà quitté Santander et KBC.

Ils ne seront que quatre à pouvoir se partager une part du gateau : l’italien Unicredit, l’allemand Raiffeisen, le français Société Générale et l’américain Citibank.

Pierre-Henri de Menthon

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Avec l’acquisition de la Banque de Moscou, VTB confirme la consolidation du secteur financier au profit de l’ État, au détriment du secteur privé et des établissements étrangers.

Retour en force de l

«? Le rachat par l’ État des banques de poche est, quoi qu’on en dise, une bonne chose pour le secteur bancaire? ».

La banque d’ État VTB, deuxième établissement du pays après Sberbank, a finit par prendre le contrôle de la Banque de Moscou, la cinquième banque du pays. Cette dernière était depuis les années 1990 la banque de poche du gouvernement de Moscou. Suite au limogeage en septembre de l’ancien maire Iouri Loujkov, l’avenir de la banque était incertain.

VTB-24, la filiale de détail de VTB, est déjà leader dans l’octroi de crédits et d’hypothèques aux particuliers. L’absorption des 500 agences de la Banque de Moscou placerait VTB juste derrière Sberbank, qui possède la part du lion sur le marché de la banque de détail en Russie.

Mais l’accord autour de la Banque de Moscou n’allait pas de soi, la direction de l’établissement ayant ralenti un accord sur la vente de 20,3% de ses parts à VTB.

Le président de la Banque de Moscou Andreï Borodine était alors impliqué dans une enquête pour corruption à hauteur de 440 millions de dollars autour de prêts flous à une société immobilière contrôlée par l’épouse de Loujkov, Elena Batourina.

Convoqué pour un interrogatoire en avril, Borodine s’est enfui à Londres et a été hospitalisé. Une semaine plus tard, il acceptait de vendre sa participation à un prix que les analystes disent inférieur aux taux du marché.

«?Ce qui s’est réellement passé est clair?» , a déclaré une source. «?Les anciens dirigeants n’étaient pas contents d’être évincés de la banque et insistaient sur un prix élevé pour leur part, un prix que VTB n’était pas prêt à payer. La direction a tenté de jouer le bras de fer, mais ils ont eu les yeux plus grands que le ventre?».

Russie d’Aujourd’hui.
L’acquisition de VTB suit la reprise par Sberbank du leader russe de la banque d’investissement, Troika Dialog. Les deux banques d’ É tat ont adopté des stratégies très agressives après la crise de 2008, tandis que plusieurs banques étrangères ont déjà quitté la Russie en raison d’une concurrence croissante. La dernière en date est HSBC. Cette tendance a semé l’inquiétude dans le secteur. Oleg Viouguine, PDG de la banque privée MDM, estime que l’expansion de l’ É tat freine la croissance des banques ?privées. Il souligne que les établissements publics profitent d’un accès bien plus facile au crédit bon marché que les banques privées.

Certains experts se réjouissent toutefois de voir les deux banques d’ État augmenter en taille.

«? D’un côté, l’État rend plus difficile le fonctionnement des banques privées, mais de l’autre, nous commençons à voir les prémisses d’une consolidation qui faisait cruellement défaut dans le secteur bancaire? » , estime Roland Nash, PDG de Verno Capital.

La reprise de banques qui n’étaient clairement pas administrées dans une optique commerciale mais pour le bénéfice de ses propriétaires est, quoi qu’on en dise, une bonne chose ?».

Des sources au Kremlin affirment que l’augmentation de la part de l’ État dans le secteur n’est que temporaire et que la direction de l’État est impuissante à l’empêcher.

« Techniquement, cette opération a augmenté la part de l’État dans le secteur bancaire, mais l’objectif est de vendre les parts de l’ É tat [dans VTB et Sberbank] et d’accroître la concurrence dans le secteur ?» , a indiqué Arkadi Dvorkovitch, conseiller du président Dmitri Medvedev.

 

 

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