Michel Drac

La pensée de Michel Drac vise à analyser la disparition de tout projet collectif libérateur dans la civilisation occidentale, « l’économie-monde » ayant fini par inféoder totalement le politique, tandis que le religieux était relégué dans la sphère privée (« De la souveraineté »).

C’est une pensée tournée vers l’action, Michel Drac se définissant lui-même comme un provocateur, qui veut mettre à jour « l’extinction de la pulsion vitale » pour susciter une «  réaction de survie » (« Tapis de bombes »). Derrière la prise de conscience du déclin, ce qui est poursuivi, c’est donc la possibilité d’une renaissance (« Céfran »).

Michel Drac analyse la crise économique des années 2007-2009 comme la manifestation visible d’une crise beaucoup plus profonde, longtemps restée invisible : le recul décisif de l’Occident sur la scène planétaire.

Il présente les politiques de « croissance artificielle par l’endettement », conduites selon lui par la Federal Reserve depuis une décennie, comme une « fuite en avant hors du réel », visant d’une part à masquer la réalité de ce recul, d’autre part à garantir le pouvoir des classes dirigeantes dans un monde « désoccidentalisé ». (« Crise ou coup d’Etat »)[20].

Très critique à l’égard de ces orientations politiques et économiques, Michel Drac estime que les évolutions en cours conduiront inéluctablement à une « situation d’effondrement ». Il voit toutefois dans cet « effondrement » l’occasion d’une « refondation européenne ». Assimilant la situation actuelle du « cerveau global occidental » à une paraphrénie, il dit redouter l’émergence d’une « paranoïa collective », et appelle à un « retour du sens » (« Crise économique ou crise du sens ? »)[18]. Les formes de cette « paranoïa collective » sont évoquées dans l’ouvrage collectif « Choc et simulacre », qui décortique les stratégies de communication des « propagandistes du choc des civilisations ».

L’originalité principale de Michel Drac réside sans doute dans la proposition qu’il fait d’introduire dans l’action politique ce qu’il appelle le « concept fractionnaire ». Persuadé que ce sont les minorités qui incubent les systèmes de représentation, il suggère à la « dissidence française » de s’organiser en « contre-société fractionnaire », pour prospérer « à l’intérieur de la société ordinaire comme un cancer », avant de prendre le contrôle de cette « société ordinaire » par une stratégie méthodique d’infiltration (« De la souveraineté », « G5G »).

Michel Drac est également l’auteur d’un essai intitulé « La question raciale ». Il y formule les thèses suivantes :

- Le racisme sous sa forme contemporaine (racisme « classificatoire ») doit être distingué du « racialisme » des sociétés antiques et médiévales, car il ne constitue pas un fait structurant du fonctionnement de nos sociétés ; c’est une construction extérieure aux dynamiques sociopolitiques spontanées.

- Ce racisme « classificatoire » et idéologique est en réalité un dispositif fonctionnel de l’ingénierie sociale promue par les classes dirigeantes du capitalisme. Le racisme « modéré » (qui affirme l’inégalité, mais n’implique aucune action pour la renforcer), chez Gobineau par exemple, traduit une tentative d’essentialiser les sources d’une domination sans justification. Le racisme « extrémiste » (qui entend renforcer l’inégalité), chez Houston Stewart Chamberlain par exemple, vise secrètement à justifier le passage à des formes « dures » de la domination de classe.

- Sur le fond, la question raciale doit être abordée sous l’angle de la complexité du processus d’hominisation. Tous les êtres humains sont ontologiquement égaux dans leur humanité, parce que c’est le néocortex qui distingue l’humanité du reste du règne animal, et l’ontogénèse du néocortex n’est pratiquement pas prédéterminée par la génétique : chaque homme porte en lui tout le potentiel de l’humanité.

En revanche, tous les êtres humains ne sont pas égaux sous l’angle de la performance dans un domaine donné, et il est patent que, dans certains cas, il y a recoupement statistique entre performance et origine ethnique (chez les sprinteurs et les nageurs, par exemple). En conclusion, tous les hommes sont égaux ontologiquement, car la race ne détermine pas ce qui est purement humain chez l’homme ; mais l’origine raciale peut jouer un rôle dans la performance, du fait de spécificités physiologiques extérieures au néocortex.

- L’antiracisme extrémiste (Lyssenko, par exemple) est donc une erreur. Faute d’avoir distingué entre ce qui est purement humain dans l’homme (le potentiel du néocortex) et ce qui relève du règne animal stricto sensu (le reste du corps), il aboutit à nier la possibilité de la différence, ce en quoi il est aussi idéologique et tyrannique que le racisme.

- Cet antiracisme extrémiste est aujourd’hui réhabilité par certaines fractions du pouvoir capitaliste, parce qu’il constitue un dispositif fonctionnel de l’ingénierie sociale exercée par ce pouvoir.

L’antiracisme extrémiste joue au XXI° siècle le rôle que jouait le racisme extrémiste, dans le dispositif idéologique du pouvoir capitaliste. Il existe en effet une forte réversibilité des argumentaires racistes et antiracistes extrémistes, parce qu’araser les différences au sein de la masse des dominés peut être une méthode pour renforcer la distance entre dominants et dominés.

- Cette instrumentalisation de la cause antiraciste par le pouvoir peut déboucher sur des emballements criminogènes comparables à ceux qui caractérisèrent le racisme idéologique au XX° siècle, car : d’une part, il est absurde de vouloir éradiquer par force les réflexes raciaux totalement, seule la construction d’une juste perception de l’humain dans l’homme permettra de les dépasser ; d’autre part, les perspectives ouvertes par la biotechnologie peuvent, un jour prochain, servir à créer des inégalités extrêmes, et tout à fait compatibles avec l’argumentaire antiraciste extrémiste.

Comments are closed.